Le parquet fait son salon

  • August 14, 2008
  • • Source: JPT
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Le 29 août et le 12 septembre prochain, coup sur coup, les fabricants allemands de parquet et de stratifié Parador et Meisterwerke vont présenter leurs nouvelles collections à l’occasion de salons maison à vocation internationale. Chez Parador, il s’agit d’une stratégie de communication engagée dès les débuts de la jeune entreprise. Elle lui permettait de se démarquer de la concurrence tout en prenant acte du fait que le parquet ne dispose pas vraiment, en Allemagne, d’un salon de référence. Certes, la dernière édition du salon triennal EPM a montré que la nouvelle formule, inaugurée en 2005, draine petit à petit une part des acteurs du parquet vers Feuchtwangen en Bavière. Mais la profession reste tiraillée entre des manifestations plus ou moins spécialisées, tandis que le grand salon Bau noie les revêtements de sol dans l’immense univers de la construction. La stratégie de communication de Parador ne l’a pas empêchée d’exposer à Batimat en 2007 en visant, au-delà de la France, un marché mondial auquel le fabricant allemand souhaitait présenter à la fois des stratifiés qui se libèrent de l’imitation du bois, et des parquets traités pour assainir l’air en captant des COV. De son côté, MeisterWerke peut justifier sa démarche par le fait que l’entreprise allemande propose des solutions pour les six faces du cube. Elle exporte déjà 40 % de sa production et accentue ses efforts en direction de l’Europe de l’Est et de la France. Ainsi, le salon maison de début septembre sera un prélude à la participation de MeisterWerke au salon Bobât en novembre prochain à Paris.

Ces dernières années, l’UFFEP, la fédération qui regroupe les fabricants français de parquet, s’élevait contre les réimportations à bas prix de parquets de chêne fabriqués en Chine à partir de grumes françaises. Entre temps, les Chinois semblent avoir diminué leurs achats de grumes de chêne en France, tandis que le marché du stratifié perçoit des signes avant-coureurs selon lesquels l’Empire du Milieu s’apprêterait à engager une offensive analogue sur ce segment autrement plus volumineux. Quoi qu’il en soit, les fabricants français s’accordent à penser qu’ils n’ont d’autre issue que de faire du parquet un produit de mode à l’instar du carrelage italien ou espagnol. Cette stratégie a été clairement définie par le groupe allemand MDB qui contrôle Panaget : des gammes à durée de vie plus courte, produites en plus faible volume et renouvelées plus rapidement pour coller aux tendances. Une stratégie qui peut paraître en contradiction avec celle qui sous-tend le retour au parquet, perçu précisément comme naturel et intemporel, et dans laquelle un fabricant comme Chêne de l’Est, d’ailleurs présent sur le salon EPM, s’inscrit parfaitement. Mais les dernières gammes présentées par les fabricants français montrent que le retour au naturel et les effets de mode ne sont pas incompatibles. Certes, les Français ont sans doute encore quelques leçons à recevoir de l’Allemagne en matière de marketing à grande échelle. Mais ils n’ont rien à leur envier en termes d’ingéniosité, surtout lorsqu’il s’agit d’occuper la case du moyen de gamme, comme le montre entre autre Parquets Marty. Reste à savoir si l'ingéniosité dont témoigne par exemple la nouvelle gamme Miraggio suffira pour sauver une enseigne qui joue de malchance depuis la commémoration de ses 70 ans, fin 2007. Après le départ du descendant Frédéric Marty, un mouvement de grève, le placement sous sauvegarde, le chômage partiel, un incendie du stock de sciures fin juin, le fleuron et moteur du parquet français a été mis en cessation de paiement et placé sous administration judiciaire. Un plan de relance prévoit la suppression d’un tiers des emplois et le plan de continuation devrait être présenté le 19 septembre prochain.